Le populisme, vue de Morlaix (2)

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-=-=-=-= Le populisme, vu de Morlaix (2) -=-=-=-=-=-=-=-=-=-= (…) Ce qui caractérise le populisme aujourd’hui, c’est qu’il se développe dans les sociétés démocratiques dont les populations sont en général dotée d’un haut niveau d’éducation (…)
Pour le dire d’une phrase : le populisme devient en effet un mode dominant du rapport aux citoyens dans des démocraties qui ont perdu le sens de la délibération publique, de la consultation populaire et du bien commun . En effet, l’exercice du pouvoir politique est aujourd’hui scindé en deux dimensions très différentes l’une de l’autre. La première consiste en une technicisation politique biaisée (…) [ l’auteur explique que cette technicisation aboutit à une sorte de dominance de l’expert, qui produit la stratégie de la « seule solution possible » (qui écarte, a priori, pour des raisons qu’on ne dit pas, toutes sortes de solutions alternatives ; l’auteur poursuit : ] « Cependant, pour que ce qui n’est plus une pratique démocratique puisse encore passer pour de la démocratie, il faut faire intervenir la seconde dimension de l’exercice du pouvoir. Cette seconde dimension consiste en une excitation de l’humeur des populations : en particulier par la peur. (…) C’est ce rapport aux humeurs du peuple qui commande aujourd’hui le rapport du pouvoir aux citoyens en donnant l’apparence du souci dans lequel le pouvoir tient le peuple (…) La démocratie dégradée dont je parlais au début consiste dans cette démocratie des humeurs populaires qui commande les politiques de sécurité, de justice, de santé et d’éducation, etc. Mais les humeurs des peuples sont changeantes, il est le plus souvent illusoire de penser qu’on les maîtrise. C’est pourquoi les populistes sont des apprentis soucieux (…) Il faut savoir résister à cette pathologie de la démocratie. Lorsque l’exercice du pouvoir maintient les citoyens systématiquement hors de la consultation et de la délibération sur les choix collectifs (…) alors on infantilise le peuple et on en fait le lit des populistes de tout acabit et de toute couleur politique.
Yves Charles Zarka
Le populisme contre les peuples, Revue Cités, 49/2012, pp 3 à 6

 

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