Mardi 27 juin  –  lettre aux huit députés LREM du Finistère

-=-=-=-

Madame la députée, monsieur le député,

 

L’ouverture de la première session de la XVème législature vient d’avoir lieu. L’une des premières lois que vous aurez à voter concerne la moralisation de la vie politique. Je crois

avoir compris que, en tant qu’élu(e) LREM, votre intention est de renouveler la vie politique en profondeur. « Changer la politique, vous disait le 24 juin dernier madame Catherine Barbaroux ,Nous devons changer la politique. Nous devons prouver qu’elle peut être efficace pour le bien de tous et de chacun. Nous devons montrer que la politique n’est pas une affaire de posture mais bien d’engagement au service de la nation. Qu’elle est ancrée dans le réel.  Cette victoire nous engage collectivement. Vous pourrez compter sur notre appui constant. Pour mieux vous accompagner et rester le moteur de l’innovation politique et citoyenne, La République En Marche va également continuer à se transformer pour changer la politique à vos côtés. » C’était, bien entendu, l’engagement du candidat Emmanuel Macron durant sa campagne électorale et c’est aussi, j’en suis sûr, un engagement que vous avez repris à votre compte quand vous étiez vous-même candidat à la députation. D’ailleurs, je l’ai beaucoup entendu de mes propres oreilles dans la IVème circonscription.

Mais concrètement ?  Etre dans le réel, c’est être aussi dans le concret. En quoi la façon dont vous envisagez de remplir votre fonction va-t-elle différer de la façon dont vos prédécesseurs s’y prenaient ? Pouvez-vous le dire précisément, exemples à l’appui, plutôt que de nous asséner sans répit que telle est bien votre intention ?

Dans le temps où se déroulait cette campagne pour les élections législatives, je lisais un livre passionnant dont je ne saurais trop vous suggérer de le faire figurer parmi vos livres de chevet, à savoir SI LA DEMOCRATIE FAIT FAILLITE, de Raffaele Simone (Gallimard). D’excellentes pages sont écrites sur le thème de la représentation. Rappelant Jean-Jacques Rousseau (« Si tôt que les représentants sont élus, le peuple est esclave, il n’est rien », Raffaele Simone poursuit : «  Comment obtenir alors que ces personnes pensent précisément comme leurs électeurs ? Il est évident que ce n’est pas possible, entre autres à cause de la prise de distance immédiate des élus à l’égard des électeurs que je viens de mentionner (…) En fait, le citoyen cède sa souveraineté à des personnes qui, après leur élection, font littéralement ce qu’elles veulent (…) le principe de la représentation est l’une des fictions les plus téméraires et tortueuses de l’hypothèse démocratique (…) En acceptant le principe de représentation, on est donc appelé à faire un investissement immense sur des personnes qui peuvent être même des inconnus (…) et qui finissent par former une épaisse membrane intermédiaire entre le peuple et l’activité de gouvernement (…) Dès son élection, le représentant prend ses distances par rapport à ses électeurs et il se comporte comme un agent indépendant (…) Les raisons de cette prise de distance sont diverses. Avant tout de type juridique (…) Ensuite de type pratique (…) Enfin, il y a l’effet de caste, corollaire typique des désignations : une fois désigné, l’élu glisse imperceptiblement dans une sphère différente et séparée de celle où vivent les électeurs. Elle contient des protections, des privilèges, des faveurs, de hautes rémunérations, des espaces protégés, des carrières garanties. L’identité entre les deux parties s’atténue et finit par se dissoudre : l’électeur tend à devenir invisible dans l’horizon de l’élu ».

Bien entendu, chacun d’entre vous, députés du Finistère, doit être persuadé qu’il restera très proche des électeurs de sa circonscription, comme, – bien entendu,- il l’a promis durant sa campagne. Mais vos prédécesseurs l’avaient promis aussi. La coupure d’avec le réel, d’innombrables fois dénoncées par le candidat Macron et reprise à son compte par madame Barbaroux lors de votre formation éclair, commence par ce processus décrit par Raffaele Simone (de la page 77 à la page 89). C’est cette coupure d’avec le réel, ce sentiment répandu dans la population de n’être pas représenté qui, pour une large part, explique l’abstentionnisme. Qu’allez-vous faire, concrètement, pour rester en contact permanent avec votre électorat de base. ?

 

Je vous demande d’être concret. Je m’en voudrais de ne pas l’être moi-même. Vous allez sans tarder voter une loi pour la moralisation de la vie politique. La vie politique en a bien besoin. Cette loi est en cours d’élaboration. Les juristes au service du gouvernement y auront sans doute bien travaillé. Vous aurez la possibilité d’y apporter des amendements avant le vote. Evitez de multiplier à l’excès les amendements. On finirait par ne plus s’y retrouver, vous aura-t-on sans doute dit, lors du week-end de formation.

J’aurai donc une suggestion à vous faire. Informez-vous, chacun dans sa circonscription respective, auprès de vos électeurs, de ce que serait, de leur point de vue, une vie politique plus morale. Les moyens existent. Vos équipes de campagne sont encore facilement mobilisables et seraient, j’en suis sûr, très heureuses, de vous aider dans vos premiers pas. Les réseaux sociaux rendraient le travail de collecte assez facile, à condition, bien sûr, que votre premier souci n’ait pas été de restreindre l’accès à vos différentes pages, (Facebook, Twitter, sites personnels, etc). En tant qu’électeur de la IVème circonscription, je me ferais, quant à moi, un plaisir de vous communiquer mon propre point de vue, n’ayant fait, dans la présente, que vous donner celui de Raffaele Simone dont je vous recommande vivement l’entier ouvrage.

 

Salutations républicaines.

 

Jean-Paul Yves Le Goff

 

http://www.ric-finistere-29.ouvaton.org

Samedi 24 juin

-=-=-=-

« Changer la politique »

Au menu également samedi : le fonctionnement du groupe et l’articulation de son travail avec celui du gouvernement et du mouvement, les méthodes de travail du député, la présentation des premiers textes.

En ouverture du séminaire samedi matin, Catherine Barbaroux, présidente de La République En Marche, s’est exprimée devant les 308 députés LREM, dans la salle des fêtes de l’Assemblée nationale : « Nous devons changer la politique. Nous devons prouver qu’elle peut être efficace pour le bien de tous et de chacun. Nous devons montrer que la politique n’est pas une affaire de posture mais bien d’engagement au service de la nation. Qu’elle est ancrée dans le réel. »

« Cette victoire nous engage collectivement. Vous pourrez compter sur notre appui constant. Pour mieux vous accompagner et rester le moteur de l’innovation politique et citoyenne, La République en marche va également continuer à se transformer pour changer la politique à vos côtés », a insisté la présidente de La République en marche avant que ne s’exprime à son tour le premier ministre, Edouard Philippe. « La majorité est claire, franche et stable avec des oppositions qu’il faudra respecter », a déclaré l’ancien maire du Havre.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/la-republique-en-marche/article/2017/06/24/l-ex-ministre-richard-ferrand-elu-president-du-groupe-lrm-a-l-assemblee-nationale_5150559_5126036.html#KOVlP2fqVe0CgsO3.99

L’ex-ministre Richard Ferrand a été élu samedi 24 juin président du groupe parlementaire de La République en marche par les députés réunis en séminaire à la résidence du président de l’Assemblée nationale. Richard Ferrand était le seul candidat. Lors de l’ouverture du scrutin, il a été demandé aux candidats éventuels de se présenter et de s’exprimer s’ils le désiraient. Personne d’autre ne s’étant manifesté, un vote à main levée a eu lieu. Aucun député n’a voté contre, deux se sont abstenus.

En savoir plus sur

 

http://www.lemonde.fr/la-republique-en-marche/article/2017/06/24/l-ex-ministre-richard-ferrand-elu-president-du-groupe-lrm-a-l-assemblee-nationale_5150559_5126036.html#KOVlP2fqVe0CgsO3.99

-=-=-=-=-Le numérique à Morlaix -=-=-=-=-Sur sa page Facebook (accès restreint), Sandrine Le Feur nous apprend qu’elle a a rencontré Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du numérique. C’est une bonne nouvelle, mais j’aimeraisqu’elle en dise plus sur ce qu’elle retient de la rencontre et en quoi Morlaix a quelque chose à voir là-dedans. Je suis, pour ma part, convaincu que Morlaix souffre d’un grave déficit du point de vue du numérique. Le numérique peut et doit jouer un grand rôle dans la vie économique locale. Il faut aider tous ceux qui sont potentiellement concernés.-=-=-=-=-=-=-=-=-=

(Morlaix, le 26 juin 2017)

En construction. Merci de patienter.

retour à la page d’accueil

Jean-Charles Larsonneur s’installe (21 juin 2017)